Quelle isolation choisir pour la construction de sa maison ?

Existe-t-il une isolation meilleure qu’une autre pour la construction de votre maison ? Kaaz vous répond dans cet article !
Nicolas F.
26 mars, 2021

L’isolation est la clé de la performance énergétique de la construction de votre maison ! Toutefois, il n’existe pas de solution universelle. Le choix des matériaux de construction est large, et donc vos possibilités de travaux sont nombreuses. La vraie difficulté est plutôt de trouver l’isolant qui répond le mieux à vos besoins. Une isolation pour réduire les pertes thermiques, pour vous protéger de la chaleur, un isolant écologique ? Pour choisir le bon isolant, Kaaz vous aide à mieux définir votre projet.

Les 3 coefficients à connaître pour l’isolation de votre maison

L'isolation contribue fortement à améliorer le confort thermique de votre maison. Pour qualifier l’efficacité énergétique d’un isolant, vous pouvez être confronté à 3 indicateurs qu’il convient de clarifier :

  1. Le coefficient Lambda (λ), qui représente la conductivité thermique de l’isolation. Il indique la quantité de chaleur qui traverse 1 m² de matériau, de 1 m d’épaisseur en 1 h. Le coefficient lambda permet de comparer les matériaux isolants. En effet, plus sa valeur est faible, plus le pouvoir isolant est élevé.
  2. La résistance thermique (R), qui exprime la capacité d’un matériau à résister aux variations de la chaleur. Cette valeur s’obtient par le calcul : R=épaisseur de l’isolation (en mètre) /coefficient lambda de l’isolant. Plus la résistance est élevée, meilleur est son efficacité thermique.
  3. Coefficient de transmission thermique (U), qui correspond à la quantité de chaleur traversant une paroi (mur, plafond, plancher). Cette valeur permet également de connaître le niveau de déperditions globales de votre maison (appelé « Ubat »). Plus le coefficient Ubât est faible, plus votre construction est isolée. U est tout simplement l’inverse de la résistance thermique (U=1/R).

Bon à savoir : il n’est pas utile de rechercher systématiquement l’isolant au coefficient lambda le plus faible, sauf si vous avez une contrainte d’espace. En effet, plus son pouvoir isolant est élevé, moins vous aurez besoin d’épaisseur pour obtenir la même résistance thermique.

Les différents types d’isolation pour construire votre maison

Pour votre projet de construction de maison, le rôle de l’isolation est primordial ! Les isolants permettent de réduire votre consommation en énergie, et donc votre facture de chauffage. En choisissant de tout miser sur l'isolation, la question du choix de l'énergie pour la construction de votre maison devient secondaire !

L’isolant vous isole contre le froid, contre le chaud et contre les nuisances sonores (bruits aériens, bruits intérieurs, etc.). Sur ces 3 points spécifiques (confort d’hiver, confort d’été et acoustique) tous les isolants ne vous procurent pas le même niveau de performance.

L’isolation synthétique

Isolation en polystyrène
Isolation par l'extérieur en polystyrène graphité

Les isolants synthétiques disposent d’un coefficient lambda très faible (de 0,022 à 0,038 W/m. K). Ce qui signifie qu’à épaisseur égale, un polyuréthane ou un polystyrène sera toujours plus isolant thermiquement qu’une laine de verre ou de bois. Ainsi, avec une isolation de 10 cm en polyuréthane, il faudra prévoir environ de 14 à 18 cm en laine de verre ou de 17 à 20 cm en laine de bois.

Les isolants synthétiques s’avèrent très efficaces pour réduire vos déperditions thermiques en hiver. Ils constituent ainsi une solution intéressante pour une isolation de sol (entre la dalle et la chape) par leur faible encombrement ou en rénovation. L’isolation synthétique se présente généralement sous la forme de panneaux rigides à coller et à cheviller, mais vous pouvez également la rencontrer sous la forme liquide (projeté de polyuréthane, par exemple).

Ces isolants synthétiques sont en revanche loin de ne constituer que des avantages ! Ce sont des matériaux assez peu ouverts à la diffusion de vapeur d’eau. Il faudra donc être vigilant pour un usage en isolation de mur par l’intérieur afin d’éviter de générer de l’humidité. De plus, ces produits proviennent de l’industrie pétrochimique, leur bilan carbone est lourd !

Un polystyrène ou un polyuréthane demande beaucoup d’énergie pour sa fabrication et pour son recyclage (en centre de recyclage chimique). Ainsi, ils dégradent la qualité de l’air en émettant dans l’atmosphère toutes sortes de polluants (CO2, COV, formaldéhydes, etc.). Par ailleurs, ce type d’isolation n’offre pas une protection satisfaisante contre les surchauffes estivales (confort d’été) et de piètres performances en acoustique, car ils créent de la résonnance.

L’isolation minérale

Isolation en laine minérale
Isolation par l'extérieur en laine minérale.

Les isolants minéraux sont actuellement les plus utilisés pour la construction ou la rénovation de maisons. En effet, leur faible coût d’achat est incitatif ! Ces isolants sont disponibles sous la forme fibreuse (laine de verre, laine de roche, etc.) ou de « flocon » (isolants en vrac). Ce dernier est très pratique pour isoler uniformément des combles perdus, par exemple. Les panneaux plus denses (semi-rigides) sont utilisés principalement pour isoler les murs ou la toiture, par l’intermédiaire d’une ossature métallique. La laine minérale est un bon isolant thermique pour l’hiver (coefficient lambda de 0,032 à 0,040 W/m. K).

Les fibres de l’isolant permettent également de disperser les ondes sonores, ce qui en fait également une bonne solution d’isolation phonique contre les bruits aériens (discussions, musique, etc.).

Toutefois, sa capacité à réduire la chaleur, et donc à améliorer votre confort en été, est faible. Une laine de verre utilisée en rampants de toiture cause inévitablement des surchauffes de vos pièces intérieures en été. L’isolation en laine de roche améliore quelque peu ce point. Par ailleurs, même si son bilan carbone est un peu plus faible que pour les isolants synthétiques, la fabrication d’une laine minérale requiert tout de même une grosse quantité d’énergie (cuisson dans un four à 1 400 degrés) et génère donc de la pollution.

L’isolation écologique

Isolation écologique
Isolation d'un mur en brique avec des panneaux compressés de bois.

Bien que leur prix soit un peu plus élevé, les isolants « biosourcés » sont de plus en plus plébiscités.

Ces derniers sont disponibles sous différentes formes :

  • En isolation à insuffler (ouate de cellulose, de coton, de liège, etc.) ;
  • En laine fibreuse (laine de mouton, de chanvre, de lin, etc.) ;
  • En panneaux semi-rigides ou rigides (en fibre de bois, en paille de riz, etc.).

Malgré leurs multiples avantages, ce type d’isolant renouvelable est encore assez utilisé aujourd’hui. Jusqu’à présent, les précédentes réglementations thermiques ne prenaient pas en compte l’impact énergétique et écologique des matériaux de construction. Toutefois, la future réglementation environnementale (la « RE 2020 »), applicable au 1er janvier 2022, devrait permettre de les favoriser et à juste titre !

Les atouts des isolants biosourcés :

  1. C’est une isolation efficace aussi bien pour l’hiver, que pour l’été, que pour l’acoustique.
  2. Ce sont des isolants d’origine naturelle et recyclables qui subissent peu de transformations (faible empreinte environnementale).
  3. Ils préservent le bâti et la qualité de l’air intérieur. Les murs « respirent » et évacuent facilement l’humidité (sous la forme de vapeur d’eau).

Les critères de performance pour l’isolation de votre maison

Exemple d'une étiquette ACERMI d'un isolant (crédit photo : association ACERMI)

La bonne mise en œuvre des isolants est tout aussi importante que leur choix. En effet, la construction d’une habitation est très encadrée, elle est soumise à une obligation de résultat. Ainsi, les ponts thermiques de votre maison doivent être limités au maximum et votre habitation doit être le plus étanche à l’air possible.

Par ailleurs, si vous souhaitez obtenir un label de construction pour votre maison, l'isolant sélectionné devra systématiquement avoir été validé au préalable par un avis technique certifié par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment).

Pour isoler au mieux la construction de votre maison, Kaaz vous invite à vérifier tous les critères d'optimisation de la performance d'un isolant.

La résistance thermique de l’isolant

Pour chaque paroi à isoler, vous devrez choisir l’isolant avec une résistance thermique au minimum égale aux préconisations de l’étude thermique (obligatoire) de votre construction de maison. Vous pouvez obtenir cette donnée sur l’étiquette ACERMI de l’isolant, si celui-ci dispose d’un marquage CE ou d’un avis technique (fortement recommandé).

Les propriétés isolantes

L’isolant est-il simplement performant en hiver ou participe-t-il également à votre confort en toute saison ? Permet-il également de réduire les bruits extérieurs et intérieurs ?

La densité de l’isolant

La densité doit être adaptée à son usage. Les panneaux semi-rigides ou rigides sont prévus pour éviter les tassements de l’isolant, c’est pourquoi ils sont à utiliser pour une isolation verticale (murs ou rampants de toiture). En revanche, une isolation en laine peu dense est adaptée pour une isolation à l’horizontale (sol, entre chevrons avec ossature bois ou métallique).

La mise en œuvre de l'isolant

L’isolation doit être parfaitement bien posée, sans tassement, sans discontinuité et avec un pare-vapeur (ou frein-vapeur, selon le type d’isolant). Ce dernier point est indispensable ! Si la pose de la membrane d’étanchéité à l’air n’est pas bien réalisée, votre permis de construire sera refusé après le résultat du test d’étanchéité à l’air. Ce test est d’ailleurs obligatoire pour une construction de maison.

L’énergie grise

C’est une donnée qui n’est pas facile à récupérer actuellement, et pourtant elle reflète la quantité d’énergie consommée lors du cycle de vie intégral du matériau isolant. Vous pouvez demander à votre constructeur ou architecte de consulter la fiche FDES du produit qui recense toutes ces informations.

L’importance de la ventilation

Plus le niveau d’isolation de votre maison est élevé, plus il devient nécessaire de l’équiper d’un système performant de ventilation (de type VMC double flux ou VMC hygroréglable) afin d’évacuer les excédents d’humidité.

La performance à atteindre pour respecter la réglementation

Tous les isolants, sans exception, doivent être conformes à la réglementation en vigueur pour construire sa maison. Toutefois, comme il s’agit d’un ajustement de critères techniques déterminé par un calcul thermique global, vous pouvez être conforme aux normes de différentes manières. Ainsi, l’épaisseur de l’isolant n’est pas le seul indicateur à prendre en compte, votre choix de construction (ossature bois, conventionnelle, etc.) influence également le résultat.

Exemple de résistances thermiques à atteindre pour votre maison

Le tableau ci-après permet d’avoir un aperçu des épaisseurs d’isolant et de la résistance thermique à prévoir pour respecter la réglementation actuelle et future.

Exemple de résistances thermiques pour une construction « RT 2012 »

Types de paroi Résistance thermique
(type « RT 2012 »*)
Épaisseur d’isolation conseillée
Murs extérieurs 4 m² K/W De 14 à 16 cm
Murs intérieurs 3 m² K/W De 12 à 15 cm
Planchers bas 4 m² K/W De 10 à 16 cm
Combles perdus 7,5 m² K/W De 25 à 32 cm
Rampants de toiture 7 m² K/W De 22 à 30 cm
*RT 2012 fait référence à la réglementation thermique qui s’applique pour la construction de maisons, du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2021.

Exemple de résistances thermiques pour une construction « RE 2020 »

Types de paroi Résistance thermique
(type « RT 2020 »*)
Épaisseur d’isolation conseillée
Murs extérieurs 6 à 7 m² K/W De 20 à 30 cm
Murs intérieurs 6 à 7 m² K/W De 20 à 30 cm
Planchers bas 6 à 7 m² K/W De 15 à 24 cm
Combles perdus 10 m² K/W De 32 à 42 cm
Rampants de toiture 10 m² K/W De 32 à 42 cm
** RE 2020 fait référence à la réglementation environnementale qui s’applique pour la construction de maisons à partir du 1er janvier 2022

Ces données ne sont pas exhaustives, elles ne sont citées qu’à titre d’exemple. En effet, il est possible d’atteindre le niveau « RT 2012 » avec des épaisseurs plus faibles, selon le coefficient lambda de l’isolant. De plus, la performance énergétique est évaluée sur la globalité de la maison. Elle intègre donc toutes les déperditions thermiques et toutes les consommations (chauffage, eau chaude, refroidissement, éclairage, auxiliaires de chauffage et de ventilation) de votre construction.

En ce qui concerne les valeurs « RE 2020 », elles ne sont pas connues à ce jour. Toutefois, elles devraient se rapprocher de celles d’une maison passive. Si tel est le cas, le niveau de déperdition thermique recommandé pour un mur est de U ≤ 0,15 W/m²K, ce qui correspond à une résistance thermique supérieure ou égale à 6,67 m² K/W.

Cas pratique selon le type de construction de maison

Si vous visez une valeur U du mur de 0,13 W/m² K (soit R=7.69 m² K/W), vous pouvez construire :

  • Un mur en ossature bois avec 32 cm d’épaisseur de laine de bois ;
  • Un mur en parpaing de 20 cm avec 25 cm de polystyrène graphité ;
  • Un mur en béton cellulaire de 24 cm d’épaisseur avec 18 cm de laine roche.

Source : MOOC Bâtiment durable.

Nicolas F.
26 mars, 2021
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